Je veux t’aider, mais est-ce que je t’aide vraiment ? - Caroline de Dieudonné

Éric, 45 ans, vit avec Sophie, décoratrice d’intérieur.

Éric l’aide régulièrement à préparer ses appels d’offres, car Sophie affirme qu’elle est incapable, qu’elle n’y arrivera pas, qu’elle ne décrochera pas le chantier. Il le fait pour elle, par souci d’aide et de soutien, et aussi parce qu’il aime se sentir utile.

Ensuite, après quelques jours, Sophie examine l’offre et y apporte finalement plusieurs modifications après s’être renseignée auprès de ses connaissances.

Elle le remercie à peine, tire la tête.

Cela arrive fréquemment, et Éric continue de la rassurer, de lui rappeler ses talents. Lorsqu’elle se décourage et envisage d’abandonner, il prend le relais en le faisant à sa place.

L’intention d’Éric, en agissant ainsi, est clairement d’aider Sophie. Cependant, en la prenant en charge, il lui envoie un double message :

d’un côté, « Je t’aime, je suis là pour toi »,

et de l’autre, un message implicite « Tu n’es pas capable de le faire seule », ce qui réduit sa confiance en elle et renforce ses doutes.

J’ai alors expliqué à Éric que la meilleure façon d’aider Sophie était de l’aider autrement, c’est-à-dire en la laissant faire seule même si cela lui prend du temps. Lui montrer qu’il croit en elle, en ses capacités, et, dans un second temps, si elle a besoin de lui, elle pourra faire appel à lui pour un conseil, mais uniquement si la demande vient d’elle.